La vie c'est la croissance

Editorial

« La croissance est l’unique preuve de la vie » (Cardinal Newman)

On commence avec des duplo, puis vient le lego et on s’impatiente avant de s’attaquer au lego technique. Après, l’homme continue à grandir et se trouve capable de construire des ponts, des hôpitaux… et toutes sortes de choses formidables. Très rapidement, le petit d’animal a ce qu’il faut pour vivre, alors que le petit d’homme a besoin de soins et de temps. Il a besoin d’être éduqué pour que ce qu’il porte en lui puisse se déployer pleinement. L’éducation est d’abord la mission des parents : en donnant la vie, ils ont accepté de porter cette charge et de veiller à la croissance de leur enfant. Mais elle est aussi une responsabilité pour tous. Que des enfants mettent le bazar dans un bus sans qu’aucun adulte ne réagisse ; que des hommes politiques laissent faire du rodéo dans le quartier un soir de match… montre que nous avons tendance à poser cette charge à terre. Non à la démission ! La charité consiste aussi à aider les autres à nous respecter, car nous sommes respectables !

La croissance des enfants nous émerveille, parce que la croissance est le signe qu’il y a de la vie (Bienheureux Cardinal JH Newman) ; les difficultés qu’ils éprouvent à se frayer un chemin dans ce monde nous peine. Mais n’oublions pas qu’il faut du temps pour grandir et que nous ne sommes pas seuls à veiller sur nos proches, Dieu est là : « il ne dort ni ne sommeil le gardien d’Israël » (Ps 121). Lorsque nous acceptons le temps en demandant à Dieu miséricorde, que nous cherchons à demeurer fidèles dans l’attention aux autres et la prière, nous sommes burinés mais fortifiés. Le temps est une bénédiction pour celui qui cherche Dieu, en déplaise à Michel Sardou qui chantait « putain de temps ». Qu’il est beau de se voir grandir sous le regard de Dieu ; à nos anciens de nous le dire. 

Pour faire un prêtre aussi il faut du temps ! Voilà maintenant cinq années passées parmi vous, mes cinq premières années de vie sacerdotale. C’est peu. Le temps paraîtra trop court pour certains ou trop long pour d’autres ! La grâce de Dieu a fait de moi un prêtre quand l’évêque m’a imposé les mains le 27 juin 2009 et que mes mains ont reçu l’onction de saint chrême. Mais cette grâce se déploie dans le temps… Peut être m’avez-vous vu grandir ! Comme vous le savez, je suis nommé vicaire à Toulon sur la paroisse saint Joseph de Pont-du-Las (avec la communauté de l’Emmanuel). Ce départ a été un peu précipité et je comprends qu’il vous heurte. Je pars triste de vous quitter mais heureux de cette nouvelle mission que me confie Monseigneur Barbarin. Merci pour votre affection, pour vos prières, pour vos corrections (quand elles étaient fraternelles !), pour vos encouragements, pour vos cadeaux, pour les mercis exprimés… Pardon si je n’ai pas pris le temps avec ceux qui en avaient besoin. S’il vous arrive de prier, demandez pour moi d’avoir la même réponse que l’apôtre Pierre à Jésus qui lui demandait : « Pierre, m’aimes-tu ? » ; et lui de répondre : « Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t’aime ». Bon vent à tous. 

Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous.

                                                                        Père Jean-Baptiste+